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A.V.J

Les A.V.J (Activités de la Vie Journalière) ou A.V.Q (Activités de la Vie Quotidienne) constituent un fondement de l'ergothérapie. L'appellation est explicite, il s'agit de la vie quotidienne de chacun. Au sein d'une même culture il n'est pas rare de s'étonner parfois des savoir-faire et savoir-vivre de chacun. Tous les détails constituants les A.V.J sont d'autant plus nombreux lorsqu'il s'agit d'un contexte interculturel. Il nous paraît essentiel de connaître et de comprendre le fonctionnement du patient dans son environnement afin de mener à bien une réadaptation optimale.

Par exemple : un ergothérapeute en mission humanitaire réalise une chaise percée afin de s'entraîner au transfert fauteuil/toilettes. Mais on l'informe que dans ce pays il n'y a que des « toilettes turques ». Toutes les séances de réadaptation seront entièrement à modifier!
Cap-ergo propose donc quelques pratiques et croyances concernant les A.V.J afin de permettre au professionnel de se doter de facilitateurs pour la prise en charge.

IMPORTANT

Rappelons qu'il s'agit de mettre en évidence certaines pratiques, croyances ou raisonnements propres à certaines zones culturelles ou sociétés. Cependant chaque individu appartenant à ces groupes définis ce sera plus ou moins approprier ces valeurs culturelles. C'est pourquoi il faudra être très vigilant pour éviter la stigmatisation et s'informer suffisamment pour ne pas utiliser ses préjugés et stéréotypes.



Les repas

Se nourrir correspond à un besoin vital et cela prend beaucoup d'importance dans chaque culture et dans le quotidien. Bien que le contenu des repas et les protocoles qui l'accompagnent constituent des valeurs culturelles importantes ils ne sont absolument pas universels (nombre de repas par jour, façon de manger, heures et contenu de repas...). Alors soyez attentifs à vos modes d'approche lors d'un repas en situation interculturelle ainsi que lors d'une situation de réadaptation d'un patient.

Art de table/art de recevoir
Dans certaines zones culturelles « l'art de table » prime sur « l'art de recevoir » et vice et versa. L'art de table privilégie le savoir-faire culinaire, les comportements individuels et collectifs et le déroulement du repas (exemple : entrée, plat, fromages, dessert). L'art de recevoir privilégie les protocoles d'accueil des invités, et le confort qui leur est dû (différents en fonction de l'âge et de la classe sociale) et considère que le repas est davantage un temps pour se restaurer que pour échanger. Concrètement, lors d'un repas en situation interculturelle, certains pourront s'interroger : pourquoi le repas dure si longtemps ? Pourquoi les gens ne parlent pas à table?
En ce qui concerne les comportements à table, précisons que certains utiliseront des couverts, des baguettes, la main droite ou les deux mains ... Il ne s'agit pas ici de mettre en évidence des clichés mais bien une réalité qui influencera la prise en charge ergothérapeutique.
Quelques exemples :

  • Certains finiront systématiquement leur assiette à la fin du repas par politesse et par respect, alors que ce même acte pourra mettre très mal à l'aise d'autres hôtes car cela signifiera que la personne à encore faim.
  • Certains mangeront dans un plat et un verre collectifs alors que d'autres auront plusieurs assiettes individuelles pendant le même repas.
  • Certains ne garderont dans l'assiette ou le plat que ce qui est comestibles, pour d'autres, les déchets (exemple : les os) seront mis sur le bord de l'assiette.


Régime alimentaire
Le régime alimentaire est déterminé par le niveau de vie, les aliments cultivés, les croyances culturelles et religieuses... Ainsi il est constaté que des apports nutritionnels peuvent être proposés à différents âges et moments de la vie afin de pallier à certaines carences ou de permettre au corps de surmonter une épreuve (exemple : permettre à la jeune mère de reprendre des forces après un accouchement ou de favoriser la montée de lait).

Notons quelques prescriptions alimentaires religieuses auxquelles le professionnel peut être confronté :
  • Pour les juifs : les principaux interdits alimentaires sont le porc, le gibier, le lapin, certains poissons, les aliments fabriqués à base de graisse animale. La viande doit être « kasher ».
  • Pour les chrétiens : certains jours de l'année impliquent le jeûne ou l'interdiction de consommer de la viande
  • Pour les musulmans : les principaux interdits alimentaires sont le porc, l'alcool, les bêtes carnivores et les bêtes amphibies. La viande doit être « hallal ».
    Remarque : « kasher » et « hallal » quelles différences ? Ces termes correspondent aux méthodes très précises que constituent les rituels d'abattage de l'animal par égorgement. L'un et l'autre font l'objet de règles quasiment analogues, mais les musulmans sont autorisés à manger « kasher » (car le nom de Dieu est prononcé lors du rituel) alors que les juifs ne mangent pas « hallal ».
  • Pour les hindouistes : ils ne mangent pas de viande bovine et respectent un certain nombre d'interdits liés à leurs castes
  • Pour les bouddhistes : certains seront végétariens car toute vie est sacrée et il ne faut pas faire souffrir d'autres êtres vivants. L'alcool est interdit.

Attention : dans les zones culturelles ou le porc et l'alcool sont des aliments licites, ils sont beaucoup employés dans tous types des préparations culinaires (exemples : du porc dans un pâté de canard ou des bonbons ou une vinaigrette à base de vinaigre de vin).

Toutes les religions énumérées ci-dessus impliquent une période de jeûne.