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La maladie, le handicap et les soins

La maladie, le handicap, la douleur sont des moments difficiles dans la vie d'un individu et ils correspondent à des représentations sur la vie et sur le corps bien précises. Pendant ces moments éprouvants pour un individu il est impératif que le professionnel laisse l'opportunité au patient de se raccrocher à ses croyances afin de garder espoir. Pour permettre ceci il faut que le professionnel puisse avoir connaissance de ces croyances afin de permettre au patient de s'y rattacher et de s'assurer qu'elles ne mettent pas sa santé en danger et le processus thérapeutique en échec. La famille peut être très présente au chevet du patient, car elle se doit dans certains cas d'accompagner le patient jour et nuit.

La maladie, le handicap
L'interprétation de la maladie peut être à elle seule un antagonisme culturel. Effectivement, certains considéreront la maladie comme un élément néfaste ajouté au corps humain et qu'il faut absolument éliminer, ou comme une défaillance d'un de ses composants. D'autres estimeront qu'il s'agit d'un désordre au sein des éléments constituants le corps, ou bien qu'il s'agit d'une conséquence d'une erreur commise. Ces différentes conceptions de la maladie induisent des comportements distincts qui peuvent susciter de nombreuses incompréhensions. Ajoutons, que la maladie s'expliquera pour certains uniquement de manière rationnelle et que le patient est seul face au thérapeute. Il s'agit des « sociétés à univers unique ». Et d'autres verront une explication réelle (le corps et l'esprit) et imaginaire (les esprits, les djinns …), il s'agit des « sociétés à univers multiples ».
Effectivement, alors que certains attribueront la maladie ou le handicap à un dysfonctionnement de l'organisme il s'agira pour d'autres d'un symptôme de dysfonctionnement familial car, la santé et la relation avec les ancêtres sont indissociables. Ainsi, les africains considèrent que la maladie peut avoir trois origines (selon Madeira Diallo, anthropologue spécialisé dans la culture africaine) :

  • La méchanceté d'un tiers (jalousie, mauvais sort, sanction d'un esprit négligé)
  • L'amour d'un tiers « le fou est considéré comme ayant une âme tellement belle que les génies n'ont pas pu résister à la capturer. On parle alors de possession
  • La faute, consciente ou non, de la victime ou de son enfant


Ces explications sont spécifiques à l'Afrique mais il est possible de les retrouver totalement ou partiellement dans d'autres zones culturelles. Notons que pour les bouddhistes, la maladie correspond à l'envol d'une ou plusieurs âmes habituellement éparpillées dans le corps.
Il est nécessaire d'acquérir un minimum de connaissances sur les croyances et les pratiques concernant la maladie et le handicap car certaines représentations trop éloignées peuvent mettre la vie du patient en danger, faire échouer un processus thérapeutique ou une mission humanitaire. Par exemple, certains patients seront convaincus que de parler d'une maladie (en prévention) apportera le malheur ou de lui expliquer sa maladie aggravera son cas. Ainsi une prise de médicaments régulière pourra être considérée comme, entretenir la maladie.

La douleur
De même que la maladie, la douleur est souvent associée à une faute commise. Elle ne sera pas toujours exprimée mais la majorité des cultures et des religions accepteront qu'elle soit soulagée. Ainsi, les asiatiques et les africains peuvent montrer un visage impassible, voire sourire, alors que la douleur est à son comble. Les professionnels doivent donc être vigilants. Pour les bouddhistes et les hindous les souffrances (et la maladie) sont des conséquences des erreurs commises dans les vies antérieures (le Karma). Le pardon n'existant pas, il faut souffrir pour expier. Le soulagement de la douleur doit être adapté à chaque patient. Les protestants, les orthodoxes et les musulmans acceptent facilement la lutte contre la douleur physique. Le judaïsme et le christianisme ne cherchent pas à connaître exactement l'origine de la douleur et n'acceptent pas toujours facilement de soulager la douleur car elle est considérée comme rédemptrice.

Les soins
Les représentations de la maladie influent fortement sur la conception des soins. Certains chercheront à se débarrasser de quelque chose alors que d'autres chercheront à en récupérer. La relation patient-soignant est donc très différente.

Quelques exemples :

  • dans l'islam, toute maladie est envoyée par Dieu et il n'est pas de maladie envoyée sans son remède. C'est pourquoi les patients musulmans consulteront rapidement et facilement un médecin.
  • Dans la tradition ayurvédique le soin ne se limite pas à la prescription d'un traitement, il s'agit avant tout d'une conversation entre le patient et le médecin.
  • Dans la tradition chinoise le soin est basé sur une bonne circulation du Qi et un bon état d'esprit. Il n'y a pas de séparation entre le soma et la psyché.
Quelques thérapies :
  • les yogas, la parole
  • pharmacopée
  • un talisman, les amulettes, décoctions
  • la respiration, le biorythme énergétique, l'acupuncture
  • l'alimentation
Quelques thérapeutes :
  • le devin, le voyant
  • Médecin, psychologue
  • Le bonze
  • Les marabouts ou les guérisseurs